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Skagen
2008

JOACHIM 
ESKILDSEN

Joakim Eskildsen livre une série de photographies qu’il a réalisées à Skagen, un territoire situé à l’extrême nord du Danemark et connu pour la qualité particulière de la lumière qui éclaire le paysage des bords de mer. Mais le photographe a cherché aussi à la fixer dans des scènes du quotidien et en milieu urbain. L’atmosphère colorée dans laquelle baignent les images n’est pas sans rapport avec celle qui caractérise son style. Skagen a dans le passé inspiré de nombreux peintres, parmi lesquels Peder Severin Krøyer, dont Joakim Eskildsen a voulu ainsi se rapprocher.

 

Joakim Eskildsen, que représente Skagen pour vous ?

J'aime l'eau, la mer et les petits villages. Je ne suis pas un photographe des grandes villes. Skagen est la "fin" du Danemark : c'est là que la mer du Nord et la mer Baltique se rencontrent, et bien sûr, c'est un lieu très spécial ; il y a l’histoire de cet endroit tout à fait isolé et fréquenté par une colonie d'artistes. Les choses sont totalement différentes aujourd'hui : Skagen est l'une des destinations touristiques les plus populaires du Danemark et de nombreuses personnes y ont leur maison de vacances. Tout reste néanmoins très beau. Mais cette beauté m'intéresse moins. Ce qui m'attire plutôt, c’est ce qu’ont fait les peintres de Skagen

Qu'est-ce qui vous inspire chez ces peintres ?

Aujourd'hui, les photographes documentaires et les artistes opèrent généralement sur des thèmes qui leur sont propres et ils voyagent pour les mettre en œuvre. À l'époque, les peintres de Skagen peignaient souvent leur famille - fille, fils, épouse, à l’occasion de fêtes familiales - ou leurs amis, c'est-à-dire les gens de leur entourage immédiat. Et c'est exactement ce que je trouve passionnant : ne pas avoir à voyager mais plutôt pouvoir consacrer toute son attention à la vie qui se déroule juste devant votre porte : vous travaillez là où vous vivez. J'aime photographier le paysage et les gens de ma ville natale, de mon village. C'est également ainsi que les peintres de Skagen procédaient il y a 150 ans.

Qu'est-ce qui est important pour vous dans votre art ?

L'authenticité ! J'essaie de vivre de la façon dont mes photos devraient être. Ma vie doit être une grande image. Dans ma maison, j'essaie de m'entourer uniquement de matériaux intemporels et naturels. J'ai une conception idéale de la vie comme une interaction entre l'homme et la nature. Mes meilleures photographies sont celles où les deux sont en équilibre et qui se rapprochent ainsi de ma vision du monde.


Extrait d’un entretien publié à l’occasion d’une exposition de Joakim Eskildsen, au Museum Kunst der Westküste, en 2017 : « In Skagen’s Light : from Krøyer to Eskildsen »

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Joakim Eksildsen, Nothing Special, réal. Martin Zarka, courtesy Meero Studio, 2019 (extraits)

Joakim Eskildsen 

"J'ai commencé à photographier à l'âge de 14 ans ; les premières années, je photographiais autour de la maison, dans les champs et dans la forêt. Dès le début, c'était une certaine lumière ou une condition météorologique qui m'inspirait et me donnait envie de sortir. Depuis, je me suis éloigné du village et j'ai commencé à photographier lors de différents voyages. Les premiers travaux ont été réalisés en Scandinavie, au Portugal, puis dans toute l'Europe, en Inde et en Afrique. À un moment donné, mon intérêt s'est tourné vers les débuts, et vers les choses qui m'avaient tant inspiré au départ. J'ai ressenti un soulagement à photographier dans mon environnement immédiat, en redécouvrant ce qui m'avait tant intéressé dans la photographie - un retour aux sources artistique en quelque sorte. Cela a coïncidé avec la naissance de mon fils, et un peu plus tard de ma fille. Par conséquent, ma famille a commencé à chercher un bon endroit pour vivre, ce qui nous a amenés à sept maisons différentes - en Finlande, au Danemark et en Allemagne."

Joakim Eskildsen 

Né en 1971

Vit et travaille près de Berlin

https://www.instagram.com/joakimeskildsen/

Représenté par la galerie Persons Projects, Berlin et la galerie Polka, Paris

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